Une écriture peut devenir un partage de la sensibilité entre celui qui tient la plume envers l’autre qui pratique la lecture. Il y a une sorte d’échange qui s’exprime tout simplement dès lors que s’établit un lien très intéressant. La complicité associe toutes les idées quand chacun attache une importante valeur sur la définition des mots qui vont déterminer un authentique travail de la pensée. Le style d’une écriture est fonction de la facilité de pensée. Il ne suffit pas de poser en quelques lignes son approche d’une réflexion, il existe toujours une certaine appréhension. L’envie d’écrire est souvent confronté au syndrome de la page blanche. Le plus difficile est vouloir commencer un écrit et ne pas savoir le terminer, surtout pour une suite de propos qui se veut un essai philosophique, ne serait-ce pour soi-même. Une écriture est une fascination de l’esprit, elle entraîne tout un enchaînement de mots qui devient un exercice passionnant allant jusqu’à ne plus s’arrêter. Parfois, une écriture se pense en un seul instant. Celui qui fait de la petite poésie connaît ce moment délicieux où le thème s’écrit tout normalement et bien facilement comme pour poser une envolée de mots sur une simple feuille de papier, ce qui importe est dans la justesse d’une certaine beauté à vouloir déclamer une légèreté. Souvent, une écriture est un début avec une suite d’enchaînement qui se mélange et se confronte dans bien de propos et là commence un véritable travail d’écriture qui fait que le thème prévu devient tout autre, c’est le cas de beaucoup de poésies qui se construisent pour devenir une pensée. Il est certain que toute écriture demande du temps, ce sont des interminables instants consacrés à écrire, relire, corriger et surtout réécrire maintes et maintes fois jusqu’à avoir la sensation de croire en une finalité, rien n’est fini mais il le faut car une autre écriture attend.
Combien sont ceux qui se disent écrivains dès l’instant où leur livre est édité et même paru, est-ce le leur ? Peu importe. Il est dommage de se réclamer ce droit dès lors où tant d’autres ont vraiment eu ce titre par le mérite d’avoir créé des œuvres incontournables, même si par manque de culture ils ne sont pas lus. Il est rassurant de savoir que les étudiants parcourent les bibliothèques, lisent des livres d’auteurs mais, les études terminées, que devient la lecture et que devient la culture face à un public trop bien sollicité par tant de visuels largement ridicules. Que devient l’écriture quand tant d’écrivaillons contemporains viennent d’émissions en émissions vendre de promotions en promotions leurs éternelles confessions que d’aucuns ne lisent même pas. Les bibliothèques municipales s’emplissent de ces livres, il faut bien que les éditeurs fassent leur fortune et celle-ci se fait bien aisément au détriment de belles écritures.
Ne t’inquiètes pas Camus. Rassures-toi Fournier. Et vous Pagnol, Proust, Saint-Exupéry car même si Troyat est parti sans que notre monde ne le sache et l’honore, son œuvre lui survivra. Que de tralala incessant pour tous ces petits acteurs, chanteurs ! Désolé mais notre époque est bien pauvre de culture pour oublier la vraie valeur.
Une écriture n’est pas la satisfaction de caresser son ventre bien rempli ou de figer son ego sur l’étalage d’un rayon mal agencé de tant d’auteurs dont les noms ne sont que de promotions télévisuelles. Une écriture n’est pas pour une discussion de salon mais pour interroger tous ces auteurs d’un autre temps, ceux qui ont fait de l’écriture un art de la pensée. Où est la reconnaissance de tous ceux qui passent devant une vitrine sans ressentir le besoin de s’arrêter. Que celui qui s’arrête prenne son temps, il deviendra mon ami.